Les diplômes d'État de la montagne

Publication : 26 juillet 2021

Moniteur de ski alpin ou de ski de fond, guide de haute montagne ou accompagnateur en moyenne montagne : à chaque métier, sa formation. Elle débouche sur un diplôme d’État. Le point sur les formations aux métiers sportifs de la montagne.
© Caroline Courteville/Lycee des metiers de la montagne Saint-Michel de Maurienne
Pour les formations de guide de haute montagne et moniteur de ski, proposées dans un seul établissement, la sélection à l’entrée est élevée.

Quatre diplômes

Les métiers sportifs de la montagne ont chacun leur DE (diplôme d'État) :

Formation à l'école nationale des sports de montagne

Les formations préparant à ces diplômes sont proposées par l’ENSM (École nationale des sports de montagne).

Celle-ci comporte deux sites : l’Ensa (École nationale de ski et d’alpinisme) dans les Alpes, qui forme les moniteurs de ski alpin et les guides de haute montagne ; le CNSNMM (Centre national de ski nordique et de moyenne montagne) dans le Jura, qui forme les moniteurs de ski de fond et les accompagnateurs en moyenne montagne.

Outre ces deux sites, certains cycles du cursus peuvent avoir lieu dans différents établissements conventionnés avec l’ENSM.

Accès : plus de candidats que de places

À l'entrée en formation, les candidats doivent être âgés de 18 ans au minimum et être titulaires de l’attestation PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1). Aucun diplôme scolaire n’est exigé.

La sélection repose avant tout sur les capacités sportives, le projet professionnel et la motivation du candidat, évalués sur tests techniques, entretien et épreuve écrite.

Une expérience confirmée dans la discipline sportive et dans l’environnement de la montagne est requise. Le candidat doit ainsi fournir des listes d’expériences sportives personnelles (randonnées, ascension, voies d’escalade) et/ou des attestations d’encadrement bénévole en club.

Ensuite, il est soumis à des tests techniques, qui consistent souvent en plusieurs épreuves sur le terrain (selon les diplômes, marche de plusieurs heures, slalom à ski, épreuve d'orientation, etc.). Le niveau de maîtrise technique exigé est très élevé.

Pour s'entraîner au niveau requis dans ces formations, il existe des préparations payantes proposées par des centres de formation publics, comme les Creps (centres de ressources, d'expertise et de performance sportive) ou les Drajes (directions régionales académiques à la jeunesse, à l'engagement et aux sports), ou par des organismes privés. Ces prépas permettent d'améliorer son niveau sportif ou de travailler une compétence particulière qui manque au candidat, par exemple apprendre à utiliser une boussole en montagne.

Au programme : techniques, sécurité et mises en pratique

Les formations à ces diplômes durent de 8 mois à plusieurs années. Toutes alternent des cycles d’enseignements et des stages de mise en situation.

Au début, les stagiaires acquièrent des connaissances sur la montagne, apprennent les techniques de conduite de groupe, la sécurisation de passages délicats et le déclenchement des secours. Ensuite, outre les techniques propres à la discipline (alpinisme, ski hors piste, etc.), place à la préparation au monitorat de ski ou à l'encadrement des randonnées : capacités techniques, compétences pédagogiques, gestion du risque, etc. Des cours de communication et de marketing sont dispensés pour les aider à développer leur activité.

À noter : chaque unité de formation est évaluée et doit être validée pour pouvoir continuer. Ainsi, contrairement à d’autres cursus du sport, il y a des épreuves techniques éliminatoires tout au long du DE de ski.

Cumuler plusieurs diplômes ?

Par ailleurs, nombreux sont les titulaires d’un premier diplôme de la montagne à acquérir un autre diplôme sportif, pour trouver des complémentarités en matière de saisonnalité ou de public.

Par exemple, les titulaires du DE de ski complètent leur formation par un brevet ou diplôme des Sports lié à une activité qui se pratique l’été, comme le BPJEPS VTT ou le DEJEPS escalade. Des dispenses de modules de formation peuvent être accordées en fonction des compétences et de l’expérience du candidat.

Certains diplômés optent pour un CQP (certificat de qualification professionnelle) pour enseigner une discipline à titre secondaire.

Préparer un autre diplôme permet aussi de rebondir en cas d'accident qui limiterait la pratique sportive.

Les biqualifications

Une dizaine de lycées permettent de combiner ses études (bac ou BTSA) avec un cursus préparatoire aux métiers sportifs de la montagne. Ces formations sont dites "biqualifiantes".

L’objectif : acquérir le niveau requis pour les tests d’entrée du brevet ou du diplôme d’État visé, valider la formation commune aux métiers d’encadrement des sports de montagne ou obtenir une ou plusieurs unités de formation du diplôme.

Certains établissements proposent un aménagement scolaire, comme de préparer le bac en 4 ans au lieu de 3.